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Merci pour ce texte Elsa! Ca fait tellement de bien ,même si je ne suis pas une Artiste, de ressentir ces pensées comme si elles m'appartenaient.💕

Avatar de La Lune Mauve ☽ Marie Gilles

Un texte d’utilité publique pour toustes les artistes, auteurices et autres personnes créatives qui ne vivent pas de leurs créations, mais en ont besoin pour vivre. Tu as raison de souligner cette approche à deux vitesses et de rappeler que les femmes autrices, artistes, seront toujours un peu moins légitimes que leurs homologues masculins, quels que soient leurs choix de vie.

En particulier, ne pas pouvoir se dévouer corps et âme à sa pratique artistique ne devrait pas minorer la démarche de chaque artiste – et j'ai envie de dire : au contraire ? Ces points de malus devraient au contraire montrer toute la ténacité, toute l’implication en jeu.

Un livre que nous aimons, ce n’est pas qu’une somme de mots : c’est le résultat de mois, sinon d’années de travail, et de beaucoup de doutes. Réussir à terminer un manuscrit est une marche immense à franchir, pour tout un tas de raisons.

Parmi les personnes qui y arrivent, combien sont aidées ? Au micro de Nathalie Sejean dans le podcast « Faire », Rose Lamy évoque toute l’aide dont elle a bénéficié lors de l’écriture de son premier essai, et elle rend hommage (ou plutôt femmage – son éditrice ayant joué le rôle le plus déterminant, ai-je compris) à toutes les personnes qui lui ont prêté main forte.

Est-ce que ce livre aurait existé si l'autrice n’avait pas été soutenue par une grande maison d’édition ? Et en même temps, comment le lui reprocher, puisqu’elle avait déjà fourni un énorme boulot d’écriture et de vulgarisation sur son compte Instagram ? Cela ne lui est pas tombé tout cuit dans le bec.

« [Les] gens qui choisissent de se consacrer tout entier à leur art (…) le font aussi et surtout parce qu’iels le peuvent. C’est quand même d’abord une question de privilège. »

Merci pour ce pavé dans la mare ! Ça me fait pas mal cogiter.

Je suppose que c’est un privilège pour des personnes qui bénéficient d’un bagage économique pour avoir pu se lancer sans mourir de faim, et d’un bagage socio-culturel pour maîtriser les codes de la création d’entreprise et de sa nécessaire promotion.

Mais je pense aussi à mes amix artistes (notamment dans le milieu du tattoo), qui galèrent comme jamais à tenter de se maintenir à flot avec une activité très précaire. Certaines de ces personnes ont créé leur entreprise par dégoût profond pour le travail salarié, qui a pu laisser des séquelles psychologiques et/ou physiques importantes. Est-ce un privilège ? Je ne sais pas, honnêtement.

Je crois que la plupart des gens essayent de faire de leur mieux avec les moyens du bord. Je crois aussi que l’on ne peut pas avoir les privilèges sans bâtons dans les roues, à moins d’être un homme blanc cishet neurotypique et valide – ce qui exclut beaucoup de monde, quand on y pense.

En somme, j’en retiens qu’il est essentiel de continuer à se serrer les coudes et à visibiliser nos difficultés, tout en prenant soin d’éviter de juger trop vite nos semblables. On ne sait pas vraiment ce que chaque personne vit – ou subit – au quotidien.

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